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CV

Né en 1963 à Vienne, Autriche.
Formation musicale à la faculté de musique de Vienne.
Ensuite interprète de musique contemporaine, en particulier autrichienne et américaine, en tant que soliste et musicien d‘ensemble.
À partir de 1990 tournant vers l‘improvisation, depuis engagements en tant que pianiste, compositeur, musicien d‘improvisation, chef d’ensemble et arrangeur dans des styles variés. 

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Interview avec Sébastien Moig

Pouvez-vous vous présenter au public français ?
Je suis né à Vienne. Cette ville, qui offre un visage multiculturel, a peut-être joué un rôle dans mon intérêt, non pas pour un seul style musical, mais pour une multitude de styles. Ceci s'est vérifié notamment au cours de mes derniers projets qui mêlaient l'électronique avec le jeu au piano et aux instruments à cordes. Je me suis rendu compte qu'inconsciemment je portais une attention plus forte aux cordes au détriment des cuivres. Un héritage probable de mon environnement social… Au cours des dernières années j'ai travaillé sur divers types de projets dans différents styles musicaux : le jazz (avec While You Wait, PHLS Trio), la musique électronique improvisée (antasten, kontakt) et des projets plus conceptuels dans le domaine des musiques électroniques comme mes travaux Film ist.Musik avec le Velvet Lounge et Edi Flaneur.

Qui pourriez-vous citer comme influence et pourquoi ? Et quels sont les pianistes qui vous ont particulièrement touché ?
Lorsque j'étais enfant et adolescent j'écoutais beaucoup de musique dite "facile", de la pop music, les Beattles, les Rolling Stones, Abba ou Smokie sans en être pour autant spécialement fan. Comme j'ai étudié le piano depuis l'âge de cinq ans j'ai toujours eu un contact avec la musique classique ; beaucoup de musique pour piano mais aussi des quartets de cordes (Shubert), des pièces d'opéras (je me souviens la première fois que j'ai écouté le Carmen de Bizet !) et des symphonies (Mozart, Beethooven, Grieg...). A l'âge de 14/15 ans j'ai commencé à écouter du jazz pour la première fois. Miles Davis, Chick Corea, The Weather Report mais aussi Earth wind & Fire, Blood Sweat & Tears, James Brown, etc. A l'âge de 19 ans j'ai commencé à étudier le piano et j'ai eu la chance de pouvoir intégrer la classe d'Ursula Kneilhs, une pianiste viennoise qui enseignait à l'université de musique de Vienne et qui avait participé à un ensemble de musique contemporaine à Paris qui se nommait "Ensemble Kaleidocollage". Elle m'a ouvert à la musique contemporaine en partant des études pour piano. Je me souviens de mon premier travail sur une pièce de Morton Feldman (Last Pieces). Je ne comprenais pas encore cette musique mais elle me fascinait. Pendant mes études (sept ans de piano, de piano jazz, de composition et d'arrangement) je ne suis peut-être pas devenu meilleur pianiste mais je me suis impliqué grandement dans la musique contemporaine. Après cela j'ai joué beaucoup de pièces de Cowell, Feldman, Cage, Boulez, Messiaen, ainsi que des travaux de compositeurs autrichiens. J'ai commencé aussi à m'intéresser, parallèlement à cela, au développement de l'art et de l'architecture américaine des années 50, 60 et 70. Ce qui s'est passé aux Etats-Unis à cette période-là m'a particulièrement fasciné. Les travaux de Robert Rauschenberg, Jackson Pollock ou Mark Rotko me sont devenus familiers tout comme l'art et la vidéo de Nam Jun Paik, Josef Boyss, Richard Töngelli ou Gilbert & George. C'est aussi à cette période que j'ai commencé à aller beaucoup au cinéma et à découvrir les œuvres de David Lynch, John Cassavetes, Peter Bogdanovic, Jean-Luc Godard, Rainer Werner Fassbinder, Wim Wenders, Aki Kaurismäki... Ceci a eu pour conséquence mon intérêt pour les structures, la composition et la musique improvisée. J'ai commencé à prendre des cours avec le pianiste suisse Emmy Henz Diamond mais j'ai aussi voulu expérimenter ce que j’avais appris dans un duo piano préparé/batterie avec la percussionniste autrichienne Elizabeth Flunger. Les pianistes qui m'ont beaucoup influencé sont Ceasar Carmargo Mariano (qui est connu pour son travail d'arrangement pour Elis Regina), Keith Jarrett (dont j'ai transcrit quelques-uns de ses solos tirés de ses trios), Carla Bley, et aussi le jeu d'Evan Lurie au piano depuis que j'ai découvert les Lounge Lizzards.

Il y a en Autriche une très forte tradition de musique classique. Quelle est la place des musiques créatives ? Est-il facile de se produire aujourd'hui dans ce pays ?
Peut-être qu’en raison de notre grande tradition classique des lieux se sont développés dans les années 90 pour présenter de la musique électronique improvisée et de la pop : B72, Fluc, Chelsea, Rhiz, Flex. C'est aussi à ce moment-là que la musique électronique " disco " a rencontré la musique électronique issue du contemporain. Je pense qu'au cours des années 90 Vienne est devenue un pôle de la musique électronique improvisée. Aux côtés de notre club "phare" le Porgy & Bess il y a plusieurs autres scènes qui ont vu le jour comme le Blue Tomato, le Miles Smiles ou le Sargfabrik. J'organise un festival tous les ans à la Blue Tomato intitulé Soundgrube qui propose du piano contemporain en duo, trio, quartet basé sur des projets exclusivement viennois. Il y a aussi de nombreux festivals dans la province autrichienne comme Saafelden, Salzburg, Nickelsdorf ou Ullrichsberg qui ont beaucoup de succès et qui présentent du jazz classique mais aussi la musique de la scène alternative. Je pense que la possibilité de jouer de la musique est très bonne à Vienne au regard de ce qui peut se faire dans les autres villes ou régions autrichiennes. C'est pourquoi la plupart des musiciens et des artistes vivent et travaillent dans la capitale…

Quand et pourquoi avez-vous décidé de créer votre label Loewenhertz ?
L'idée m'est venue lorsque je travaillais sur mon album solo Konferenz der Armseeligkeit en 1998-1999. Comme cet album incluait ma vision de l'improvisation, des techniques compositionnelles, un environnement acoustique et électronique le tout sur un seul instrument, cela m’est apparu comme un point de départ. C'était aussi un "prologue" pour une musique qui n'avait pas la crainte de présenter des idées expérimentales avec des méthodes "conventionnelles". Avant cela je travaillais pour Extraplatte, un label de Vienne dédié aux musiques "ouvertes". Je travaille toujours avec eux et ils distribuent pour l'instant les albums publiés sur mon label. J'ai voulu avec mon label présenter mon travail de pianiste, de compositeur pas seulement dans un seul style mais dans différentes directions. Cela était aussi l'occasion de pouvoir présenter mes productions à des labels plus établis. Au début Loewenhertz était une marque destinée à me faire reconnaître non pas comme un musicien de jazz, d'électronique ou d'avant-garde mais comme un artiste travaillant dans tous ces styles. Après neuf albums publiés je ne sais pas encore si je vais continuer à produire seulement mes travaux ou bien si je vais aussi ouvrir cet espace à d'autres musiciens qui travaillent dans la même direction que moi. Je suis surpris de recevoir beaucoup de maquettes de musiciens qui désireraient être produits par Loewenhertz. Je ne souhaite pas travailler pour un label qui produit de la musique contemporaine uniquement pour des spécialistes ou pour une scène limitée.

Pouvez-vous nous parler de votre travail avec Antasten ?
Jusqu'à maintenant Antasten était un peu en marge dans le milieu des musiques électroniques et sur le catalogue de loewenhertz. Personnellement j'ai pensé que c'était un bon moment pour enregistrer cette musique avec ce trio. Je n'avais jamais fait véritablement des choses expérimentales avant. Il était fascinant de voir comment une musique que nous n'avions que peu travaillée avant et qui se dirigeait vers des sphères très improvisées (ou vers la composition en temps réel) pouvait donner tant d'émotion alors qu'elle était si expérimentale. L'idée consistait à laisser les trois musiciens -qui exploraient tous leur technique et leur environnement dans différentes directions, mais en partant d'un même point (le jeu au piano ou aux claviers) -trouver dans la composition spontanée, une nouvelle forme de musique de chambre électro-acoustique, en développant l'histoire de leur instrument. Les musiciens que nous avons invités sur echos an kegelrändern, ont apporté des couleurs à cette musique notamment Didi Bruckmayr. Mais là où le trio a particulièrement bien fonctionné c'est dans le rôle que chaque instrumentiste a pu avoir dans la formation. Thomas est un musicien très agréable à écouter ; il joue de manière virtuose et expressive. Josef, d'un autre côté, reste près de la substance qu'il crée et manipule. Quant à moi je suis un pianiste " traditionnel " et je joue de mon instrument de manière plus classique. Le mélange de ces trois façons de jouer a donné cette musique. La matière que nous avons produite est pour moi d'une grande beauté dans toutes ses sonorités extrêmes et ne perd jamais son aspect improvisé. Cela a été pour moi une très bonne expérience de jeu improvisé en trio.

Vous jouez souvent dans des projets pluridisciplinaires. Comment les abordez-vous ? Est-ce incitatif pour votre propre création ?
J'aime prendre mon inspiration des autres arts et média. Cela m'aide à trouver cette part de liberté dans l'expression musicale que je recherche. Par exemple j'improvise souvent avec des amis uniquement pour le fun. La situation devient différente et de meilleure qualité quand nous commençons à improviser sur des films en Super 8, comme j'ai pu le faire récemment. L'écrit ou le lyrique peut aussi aider à trouver une direction ou une structure à l'improvisation. Cela ne signifie pas que la musique doit accompagner tous les autres arts ou ne doit pas exister par elle-même. Elle le doit bien sûr. Dans tous les projets pluridisciplinaires que je réalise la musique et le film -ou la musique et l'objet (Rhetikus) ou la musique et l'autre média -sont tous les deux aussi importants l'un que l'autre, il ne s'agit pas que l'un accompagne l'autre. Comme pour moi la musique est un tremplin pour la communication je regarde toujours la qualité musicale d'un film, d'une pièce de théâtre lyrique… Et j'aime donner un rôle à la musique.

Film ist. Music représente une de ces approches pluridisciplaires. Pouvez-vous nous dire comment s'est monté le projet et nous parler de votre collaboration avec Gustav Deutsch ?
Ma rencontre avec Gustav remonte à plusieurs années. Il avait utilisé une de mes pièces (Chic Ultra issue de mon album While You Wait) comme accompagnement musical pour un de ses films en 16 mm. C'était dans un lieu spécialisé dans l'avant-garde, qui s'appelle Echorum. Nous avons alors envisagé de collaborer sur un projet de film et de musique. Ce projet devait comporter une musique qui pouvait être totalement indépendante du film. Le film devait avoir sa propre vie sans la musique… Gustav a alors commencé à travailler sur Film ist, un gros projet sur l'étymologie du film. Pour ce projet Gustav a parcouru l'Europe, les Etats-Unis et l'Amérique du Sud pour trouver des bouts de pellicules qu'il a ensuite assemblés dans Film ist. Le film et la musique se suivent sans jamais se rencontrer, ils s'enchaînent : après le premier chapitre, la première pièce est jouée et ainsi de suite. Cela dure environ 40 minutes. Mais je voulais faire aussi une deuxième partie dans laquelle je pourrais utiliser les sonorités utilisées à l'origine du projet par Gustav. J'ai pris des extraits des sonorités qu'il avait recueillies pour faire une musique divisée en petits mouvements. Comme je voulais depuis longtemps créer un ensemble qui comprendrait instruments "classiques" et électroniques, j'ai fondé le Velvet Lounge dans lequel j'ai rassemblé les différents instrumentistes pour donner l'impression que la combinaison et l'interaction entre eux pouvait fonctionner à la fois pour les parties écrites et pour les parties improvisées. Les pièces pour la première partie étaient plus ou moins écrites de façon traditionnelle avec des parties réservées à l'improvisation. La seconde partie est écrite de manière plus graphique avec des signaux et des arrangements verbaux et j'ai laissé un large espace aux musiciens. Quand nous avons décidé de produire un enregistrement de ce projet j'ai trouvé que l'on ne pouvait pas travailler correctement si l'on voulait garder tout l'esprit de la partie 1 et de la partie 2 ensemble. Aussi j'ai préféré n'utiliser que la musique de la partie 2 car elle laissait une certaine atmosphère d'ouverture (j'ai inclus cependant deux pièces de la première partie Telenova Largo et Projector).

Quels sont vos projets pour les prochains mois ?
Parmi mes prochains projets il y a un trio qui se nomme kinds avec Achim Tang et David Tronzo, qui sera au festival de Saafelden en août prochain. Nous allons sûrement faire une tournée et nous allons enregistrer un album à l'hiver 2003/2004. En septembre je vais prendre part, à Vienne, à un hommage à John Cage. En ce moment je finis aussi une composition pour le Janus Ensemble. En novembre je vais jouer le projet Edi Flaneur et je vais présenter un nouveau programme pour ce quartet (avec Joanna Lewis, Wolfgang Vincenz Wizlsperger, Pauls Skrepek) qui s'appellera Divertimenti qui sera basé sur les histoires courtes du poète viennois Heimito v. Doderer. Pour l'été 2004 je prépare un très gros projet avec David Tronzo, Peter Herbert, Josef Novotny et un ensemble instrumental sur les couleurs des influences de Vienne. Le titre de ce projet est pour le moment "Mullatschak". La première représentation aura lieu au festival de Saafelden de 2004 et sera sans doute précédée d'une pré-présentation à Vienne au Porgy & Bess.
Propos recueillis par Sébastien Moig

Extraits d’articles de presse (choix) 

...c’est un voyage aventureux à l’intérieur de sa propre imagination musicale. Löschel s’inspire de ces premiers „samples“ et crée – par analogie à Deutsch – une „mega-“oeuvre qui annonce ce que la musique peut être au début du 21e siècle: tradition et (post-)modernité, acte stoïque et performance corporelle, reflexion et échappée, composition et improvisation, „sample“ et temps réel, son et bruit, acoustique et électronique, sensuel et abstrait, idiomatique et au-delà d’influences stylistiques. Au centre de tous ces thèmes les „soundscapes“ de Löschel – joués par des instrumentistes qui eux-mêmes sont influencés par la musique classique et électronique nouvelle, le „noise“, jazz et post-rock – développent en même temps une vie propre, riche en atmosphère et contrastes. Ils stimulent chez les auditeurs comme chez les musiciens la création de nouvelles images indépendantes et individuelles. La musique comme discours sur la musique – également comme pièce sonore culinaire et pleine d’esprit. „Film ist.Musik“ de Hannes Löschel peut d’ores et déjà être désigné comme oeuvre clé.

Remarques sur „Film ist.Musik“ de Hannes Löschel de Andreas Felber dans le Wien Modern 2002

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